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IA vs PSY : peut-on remplacer l’humain par la machine ?

« La technologie est un excellent serviteur,
mais un mauvais maître. »

– Albert Einstein –


Je dois l’avouer : je suis surprise… et je m’interroge profondément.
Je vois de plus en plus de personnes utiliser l’intelligence artificielle comme un ami, un confident… parfois même comme leur psy personnel.

Dans un monde où l’hypersensibilité, la solitude et le besoin d’écoute sont de plus en plus présents, il est compréhensible de chercher un espace pour déposer ses émotions. Un espace disponible immédiatement, sans jugement, accessible à toute heure.

Pour certaines personnes isolées ou traversant une période difficile, ces outils peuvent représenter un premier espace pour mettre des mots sur ce qui déborde à l’intérieur.

Mais cette évolution me questionne : que cherchons-nous vraiment ? Une réponse rapide… ou une relation humaine authentique ? Un miroir algorithmique… ou une présence capable de ressentir et de comprendre la complexité de nos émotions ?

Cherchons-nous à être réellement rencontrés… ou simplement apaisés par des réponses rapides et rassurantes ?

 

IA et IA générative : de quoi parle-t-on vraiment ?

Il est important de distinguer deux choses que l’on confond souvent.

L’IA “classique” permet d’automatiser des tâches, analyser des données ou fournir des informations. Elle peut être utile pour apprendre, s’organiser ou trouver des ressources.
L’IA générative, elle, va plus loin : elle crée du contenu (textes, images, conseils, réponses personnalisées). Elle peut donner l’impression d’une interaction humaine… mais elle reste un programme basé sur des données, pas une conscience ni une relation réelle.

Comprendre cette différence est essentiel pour garder un regard lucide sur ce que ces outils peuvent — et ne peuvent pas — offrir.
Plus l’illusion de dialogue devient convaincante, plus le risque de confusion entre soutien technologique et lien humain véritable augmente.

Une aide possible… mais pas une présence humaine

Oui, une IA peut donner des pistes de réflexion, proposer des exercices ou aider à structurer une pensée. Elle peut soutenir un moment de doute ou offrir un premier éclairage.
Elle peut aussi aider certaines personnes à formuler ce qu’elles n’osent pas encore dire à un proche ou à un professionnel, et servir parfois de tremplin vers une démarche d’accompagnement plus profonde.

Mais elle ne ressent pas.
Elle ne perçoit pas les silences, les regards, les micro-expressions, les contradictions émotionnelles, les non-dits. Elle ne partage pas une relation vivante, évolutive, humaine.

Un accompagnement humain, lui, s’adapte à votre rythme, accueille votre vulnérabilité et offre un espace sécurisant, incarné et authentique.

Au-delà de l’écoute, il apporte un cadre thérapeutique sécurisant. Un professionnel formé peut repérer les signaux faibles : montée de l’angoisse, mécanismes de protection, débordements émotionnels imminents. Il ajuste le rythme, ralentit si nécessaire, contient ce qui devient trop intense et protège la personne lorsqu’elle s’approche de ses limites.

Cette co-régulation émotionnelle vivante permet d’explorer des zones sensibles sans se submerger. Là où une machine peut proposer des réponses cohérentes, elle ne peut pas percevoir en temps réel l’état émotionnel profond ni adapter la relation de manière incarnée et sécurisée.

 

Vous avez dit danger ?

Soyons clairs : les dangers sont effrayants.

Dépendance émotionnelle, illusion de relation, perte de réflexion personnelle, uniformisation des idées, manipulation potentielle de l’information… sans parler de l’impact sur la créativité, la capacité de réflexion, l’isolement et la qualité des relations humaines.

Plus nous déléguons nos pensées et nos décisions à l’IA générative — plus nous risquons de perdre une partie de notre autonomie intérieure, et donc de notre liberté.
Un autre risque plus discret existe également : celui de ne plus tolérer la lenteur et l’imprévisibilité des relations humaines réelles, au profit d’échanges rapides, lisses et maîtrisés.

Autre aspect : l’impact écologique et énergétique !
Les infrastructures nécessaires à son fonctionnement — centres de données, refroidissement, consommation électrique massive — représentent un coût environnemental réel. Derrière chaque interaction se cache une chaîne technique énergivore, souvent invisible pour l’utilisateur.

À grande échelle, la généralisation de ces usages pose une question éthique essentielle : quelle empreinte souhaitons-nous laisser ? Quelle cohérence entre nos valeurs humaines, notre quête de sens… et les outils que nous utilisons au quotidien ?

L’outil devient problématique lorsqu’il remplace la réflexion, l’esprit critique ou la relation humaine.

 

Trouver l’équilibre : utiliser sans remplacer

L’IA peut être un outil complémentaire : pour s’informer, explorer, structurer ses idées, trouver de nouvelles pistes à explorer.
Mais elle ne devrait pas remplacer la relation humaine, l’écoute réelle ou l’accompagnement personnalisé.

Utilisée avec conscience et modération, elle peut devenir un support ponctuel, une aide pratique, un moyen d’exploration.
Mais elle doit rester à sa place : un outil au service de l’humain, et non un substitut aux liens réels, à la parole partagée et à la présence incarnée.

Ce qui soigne profondément, ce n’est pas seulement une réponse logique ou bien formulée. C’est la rencontre, la présence, la compréhension sensible et vivante, et la co-construction d’un chemin.

 

Conclusion : une évolution bénéfique… ou un risque pour notre humanité ?

L’IA ouvre des possibilités immenses. Elle peut soutenir, faciliter et enrichir certains aspects de notre quotidien.

Mais face aux enjeux humains, psychologiques, sociétaux et écologiques qu’elle soulève — et aux dangers parfois effrayants qu’elle peut engendrer — une question essentielle demeure :
L’IA est-elle réellement souhaitable et bénéfique telle qu’elle se développe aujourd’hui ?

Prenez-bien soin de vous et n’oubliez pas :
Quels que soit vos désaccords,
Vous méritez de vivre en R’Accord de Soi !

 

RESSOURCES

† Vidéos & conférences inspirantes

– Video France télévision débat avec Sylvie Chokron neuropsy et directrice de recherche au CNRS :  L’IA détruit-elle notre intelligence et notre liberté ? (16’01)
https://chatgpt.com/c/698381b9-9fac-832e-876a-63168e22029e

†- video IA: 10% des utilisateurs de ChatGPT le considère comme un ami (4’07)
https://rmc.bfmtv.com/actualites/tech/ia-10-des-utilisateurs-de-chat-gpt-le-considere-comme-un-ami_AV-202504030610.html

†- video : BRUT – ChatGPT vs Psy : l’IA pour nous soigner ? (4’07)
https://www.youtube.com/watch?v=94F8yhx1zU8

†- Video : Eric Sadin dans quotidien ( 14’07)
https://www.facebook.com/share/v/1ZLQBAJNd9/

– Podcast Franceinfo (4’31) Le recours systématique à l’intelligence artificielle générative détériorerait les facultés cognitives permettant l’esprit critique :  
https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/nouveau-monde/le-recours-systematique-a-l-intelligence-artificielle-generative-deteriorerait-les-facultes-cognitives-permettant-l-esprit-critique-2161924

† Articles

– ‘’Pourquoi vous ne devriez pas remplacer votre thérapeute par l’IA’’ : des chercheurs alertent : https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-psycho-sexo/pourquoi-vous-ne-devriez-pas-remplacer-votre-therapeute-par-lia-des-chercheurs-alertent-1135613

– Santé futur ‘’Parler à une IA quand on va mal’’ : des risques encore mal encadrés https://www.sante-future.com/actualites-sante/63150-parler-a-une-ia-quand-on-va-mal-des-risques-encore-mal-encadres.html